Parvenus à ce niveau de notre évolution spirituelle vers Dieu, l’humilité devient un caractère très important à viser, car elle constitue un tremplin vers la pure affection et l’amitié vraie.
Verset 1.40 : O fils de l’homme! Parcours l’infini de l’espace et précipite-toi dans l’étendue du ciel, tu ne trouveras le repos que dans la soumission à Notre commandement et l’humilité devant Notre Face. (Baha’u'llah, Paroles Cachées).
Si le souhait du chercheur épris est de vivre dans la proximité de l’Attirant (Majdhúb), qu’il sache que nulle âme ne peut siéger sur ce trône royal si elle n’incarne la beauté de l’amour. Ce domaine ne peut se dépeindre par des mots. L’amour fuit ce monde-ci, tout comme celui-là, il est en lui septante-et-deux folies. Le ménestrel d’amour, sur son luth, chante ce lied : Servitude asservit et royauté trahit. Ce domaine demande la pure affection ; et l’amitié, telle un ruisseau rapide, doit y circuler. A propos de ces Compagnons de la caverne, Il a dit ceci: “Ils ne parlent pas tant que Lui n’a pas parlé, et ils accomplissent ce qu’Il leur a demandé “. Ici ne suffisent ni le règne de la raison, ni l’autorité du soi. C’est pour cela qu’à l’un des Prophètes qui avait demandé: “O mon Seigneur, comment pourrons-nous T’atteindre?” il fut répondu: “Laisse ton ego en arrière et puis viens vers Moi”. Les gens de cette vallée regardent la place inférieure comme celle du trône de gloire et, pour eux, le domaine de la beauté ne diffère pas du champ de bataille où fut défendue la cause du Bien-aimé. Les citoyens de ce royaume n’emploient pas de mots – Ils chevauchent leurs destriers. Ils ne voient rien d’autre que la réalité intérieure du Bien-aimé. Pour eux toute expression ne signifie rien et les mots qui n’ont pas de sens leur sont explicites. Ils ne peuvent distinguer un membre d’un autre, une partie d’une autre ; à leurs yeux le mirage est la vraie rivière et s’éloigner est un retour. De là viennent ces versets: L’histoire de ta beauté est parvenue à la retraite de l’ermite ; rendu fou, il cherche la taverne où s’achète et se vend le vin. L’amour de Toi a rasé la forteresse de patience ; de même la souffrance de Toi a fermé la porte de l’espoir. Dans cette région, l’instruction est assurément vaine. L’éducateur de l’amant, c’est la beauté de l’Aimé, Sa face est leur leçon et leur seul livre. L’étude de l’émerveillement de l’amour leur tâche. Ils ne s’attardent pas sur les doctes chapitres ni sur les fades thèmes. Les fils qui les retiennent sont sa chevelure au parfum de musc et l’orbe cyclique n’est, pour eux, qu’un simple échelon. Et voici maintenant une supplique à Dieu, l’Exalté, le Glorifié. « O Toi Seigneur ! O Toi dont la bonté fait germer les souhaits ! Me voici devant Toi, oublieux de tout sauf de Toi. Daigne accorder à cet atome de savoir habitant mon esprit, de s’élever au-dessus de l’envie et de la vile argile. Accorde que ton ancien don, cette goutte de sagesse, se fonde dans ta mer de puissance ». Aussi dirais-je encore : Il n’y a de pouvoir ou de puissance qu’en Dieu, le Protecteur, celui qui est par Lui-même. (Baha’u'llah, Les sept vallées ; Chapitre : Les quatre vallées ; Sous-chapitre: La troisième vallée).